•  

    Forêt des loups



    Faire preuve de sa droiture

    Au coeur de la rectitude

    Un bon soldat du Pôle Emploi

    Face aux gardiens de ses lois

     

    Faire comme si l'air du temps

    Me satisfaisait pleinement

    Alors que la cabane de pierre

    Abrite mon humeur casanière 

     

    Prendre de bonnes manières

    Dans cette société guerrière

    Pour récolter en guise de pourboire

    Une fin de non-recevoir

     

    Effort de la femme des bois

    D'être conforme aux lois

    Pas considérée par les cerbères

    Gardien de ce système délétère

     

    Alors je vais voir les loups

    Derrière la haie de houx

    Me blottir dans leur fourrure

    Pour cacher ma déconfiture

     

    Les chênes me tendent les bras

    Les druides en sont les doux rois

    Tout au fond de la forêt des loups

    Je cacherai mon courroux.

     

     Esclarmonde, le 25/01/2012



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  • Héritage

     

      

    Hier, j'ai retrouvé parmi ton précieux héritage

    Ce livre venu d'où mon coeur demeure pétrifié

    J'ai tourné doucement les pages et j'ai retrouvé 

    Tout ce qui fait battre mon coeur pris en otage

     

    Farouche château peuplé d'âmes délaissées

    Somptueuses étendues où un prince s'enlise

    Celui dont mon âme est constamment éprise

    Et dont ces pages me rappellent l'âme blessée

     

    Héritage précieux en ces temps balisés

    Et de fuite futile vers des futurs factices

    Afin que nos âmes et nos coeurs flétrissent

    Dans un bain de silicone empoisonnée.

     


    Esclarmonde le 19/01/2012



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  •    Pour le 68e salon d'écriture du Partage des mots, Andrée nous a posé une "colle" cette semaine : écrire un sonnet s'inspirant de la phrase d'Albert Schweitzer : "l'enfant qui sait se pencher sur l'animal souffrant saura un jour tendre la main à son frère."

       Bon, j'avoue, à ma grande honte que j'ai du vérifier la définition d'un sonnet, vieux souvenirs de collège, et j'ai trouvé cela un peu difficile pour moi. Etant une poète novice et préférant la poésie libre (pas par partie prix esthétique mais par flemme !), j'avais préféré laisser tomber d'autant plus que mon inspiration était plutôt en berne ces derniers jours....

       J'y ai repensé aujourd'hui en me disant que cette forme de poésie, le sonnet, irait bien à une poésie épique et, je ne sais pas pourquoi,il m'est revenu en mémoire un épisode la Deuxième Guerre Mondiale, celui de l'invasion de la Pologne par les forces armées du 3e Reich et où les polonais ont héroïquement résisté à l'invasion nazie mais ont été finalement vite défaits. Dans son armée, survivait des régiments de cavalerie qui ont été décimés par les chars allemands, nottament la brigade de Grande Pologne... J'ai imaginé un enfant assistant de loin à ce désastre ou beaucoup d'hommes mais aussi de chevaux, ont trouvé la mort.


       Notez que je n'ai pas pris le modèle du sonnet classique mais celui du sonnet shakespearien, un peu moins complexe...


    Le sacrifice (68e salon d'écriture)

     

     

    Du haut de la douce colline d'où j'aimais contempler

    Les vastes et beaux paysages de ma patrie meurtrie,

    De mon cher pays menacé par les hordes ennemies

    Je vis soudain surgir de loin de fougueux cavaliers,


     

    Des fougueux alezans longtemps rompus au sacrifice,

    Emmenaient vers une mort sûre des soldats sabre au clair

    préférant une hardiesse folle dans cette guerre éclair

    Plutôt que déshonneur dans un incertain armistice


     

    Las ! ces nobles animaux  durent payer le prix du sang

    Lorsque les monstres d'acier semèrent terreur, sang et mort

    Dans un fracas d'horreur qui dans mon coeur résonne encore

    La furie des hommes massacra des chevaux innocents

     

     

    La guerre a sacrifié ces pur-sangs plein de douce sagesse

    Qui ignorent la vengeance, le calcul, la haine et la bassesse.



    Esclarmonde, le 19/01/2012



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  • pour le 67e salon, Andrée du Forum du Partage des mots, nous propose de nous inspirer de cette photo :

     

    L'interrupteur (67e salon d'écriture)

     

     

    Allumez ! 

    Lueur incendiaire 

    La jolie fée électricité 

    a des airs de sorcières 

    avec ses oripeaux nucléaires 

    Que des cerveaux assez illuminés 

    Ont un jour inventé pour notre bien-être 

    Ordinateurs, micro-ondes, télévision et portables 

    miraculeusement animés par cet invention louable 

    Particulièrement en vogue dans ce beau pays de France 

    Ou l'on se pique d'être les champions de la raison 

    Et tournons le dos à des contrées de défiance 

    Envers le Progrès et ses révérés neutrons, 

    Qui préfèrent la chandelle aux protons. 

    La raison est une folie officielle 

    De la cour du prince irradié 

    Plutonium sanctifié 

    Avenir sacrifié 

    Eteignez !



    L'interrupteur (67e salon d'écriture)


    Esclarmonde, le 09/01/2012



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  • Poème complémentaire de "La roue du temps I" paru en décembre dernier


    Lúnasa (la roue du temps II)

     

     

    Lúnasa, coeur d'un été ardent

    Devenu pour moi saison sombre

    Hiver en catamini doucement

    M'a laissé seule dans la pénombre

     

    Un tunnel où je me fraye un chemin

    Cherchant une hypothétique lumière

    Je tâtonne dans le soir de Samhain

    Cherchant à te tenir la main

     

    Lúnasa, de moi s'est moqué

    Rideau de pluie baissé

    Sur mes espoirs échevelés

    Caverne où je suis tombée

     

    Solstice d'hiver léthargie

    Lumière bien tamisée

    Au fond du couloir illuminé

    Réveillant le dieu endormi

     

    Imbolc reviendra un jour

    Et ses chandelles rallumées 

    Je revivrai cet amour

    Que Lúnasa m'a confisqué


    Esclarmonde, le 05/01/2012


    Lúnasa (ou Lughnasadh ou Lammas) est la fête de milieu d'été dans le calendrier celtique et qui correspond à la période des moissons. Quant à Imbolc, il marquait la fin de l'hiver et le début du retour de la lumière (correspond aussi à la Chandeleur)

     

    ET.... excellente idée de Gabrielle (Freaky French Frog) qui m'a suggéré d'illustrer mon poème par un groupe irlandais qui s'appelle aussi Lúnasa :

     

     

     


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