• Pour le 66eme salon d'écriture du Forum des mots, Andrée nous propose de prendre les premiers mots de chaque phrase d'une chanson de Yannick Noah "Frontières".

    N'étant pas très fan des chansons de Noah, j'ai fait un texte d'un univers complétement différent du sien, c'est d'ailleurs l'intérêt de ce genre d'exercice !


    Nuit des possibles (66e salon d'écriture)

     

     

    Je cherche dans les rues une chaleur tribale

    Un hameau de huttes aux toits de roseaux

    La cueillette de fruits et le repas partagé

    Sans se soucier d'un lendemain obscur

     

    Partager un moment d'amitié

    S'enivrer à l'élixir d'immortalité

    Espérer renaître au printemps retrouvé

    Redessiner les fresques de la grotte cachée

     

    Je rêve d'être blottie contre toi au coin du feu

    Que les braises du désir constamment entretiennent 

    Infantile est l'amour plastifié et calibré,

    Les flèches d'Eros aux bouts caoutchoutés

     

    Partager un repas autour d'un feu

    S'enivrer au calice de l'amour retrouvé

    Espérer engendrer les enfants de la paix

    Redessiner les dieux de la fraternité

     

    l'on s''abrite tous ensemble serrés

    De la tempête qui fait rage et emporte

    L'hiver et ses aspirations pétrifiées

    Il laissera la place aux graines ensemencées

     

    Partager un festin hérétique pour les dieux revenus

    S'enivrer au nectar de la fécondité

    Espérer engendrer la terre ensemencée

    Redessiner les spirales de l'immortalité

     

    Je te vois encore une fois prononcer des mélopées

    Un chant sauvage et lancinant loin des cités policées 

    Infantile oraison dans un monde de papier glacé

    Redessiner sur ces murs les symboles oubliés

     

     

    Je rêve constamment de te retrouver

    Un désir qui sera rassasié par cette réalité

    La quête d'un partage dans cette barbarie officialisée

    Sans crainte d'en être fatalement contaminée

     

    Partager un festin dans la nuit des possibles

    S'unir dans un maelström de complicité

    Espérer être unie avec ton étrange folie 

    Redessiner ensemble une douce sensualité

     

    Esclarmonde, le 03/01/2012



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       Pour aujourd'hui, je fais "remonter" une longue poésie que j'avais publié en mars dernier,  j'espère que la lecture vous en sera agréable, c'est un des premiers poèmes que j'ai écrit.



    Le passant de l'impossible quête


     

     

    Au pays des terres enchantées où tu avais osé t'aventurer, 

    Tu a vu passer un chevalier venu d'un lointain passé, 

    De la contrée du rêve, de l'improbable et du hasard. 

    Tu as vu de la magie quand tu as croisé son regard. 


    Ton âme s'est retrouvée piégée dans un océan de paradoxe, 

    Il s'est levé dans ton coeur une tempête d'équinoxe, 

    Ce coeur  jusque là flêtri, s'est abreuvé à cette enivrante folie, 

    Que le prince t'offrit dans un calice d'émeraude et de rubis. 


    Tu voulais qu'il t'emmène dans une vallée perdue 

    Où offcie encore les banshees, les druides et les devins, 

    Pour s'abreuver éternellement à un nectar divin 

    Et savourer dans son jardin tous les fruits défendus 


    Tu voulais goûter à tous ces délectables poisons 

    Mais l'oracle du raisonnable a sonné du clairon 

    Et t'as orienté soudain dans un si rectiligne chemin, 

    Que tu es repartie pour une errance sans fin 


    Ton coeur et ton âme ont été frappés d'amnésie, 

    Mis à exécution par le grand prêtre de la raison. 

    Ta survie en dépendait, ta raison s'échappait à l'infini, 

    Tu ouvris ton grimoire et barras à l'encre de la soumission : 


    La beauté, la magie, l'audace, la grâce, l'exaltation, 

    Mais aussi le drame, la tragédie, la cruauté, le malheur. 

    Vertige de la passion, recherche du bonheur, 

    Magie du hasard, féérie de l'émotion. 


    Et ce vertige que tu as ressenti lorsque tu l'as vu, cette force venue d'ailleurs. 

    Quand il est passé à côté de toi et qu'il t'a regardé un bref instant. 

    Cela faisait quelques jours que les forces de la vie remontaient dans ton coeur, 

    Malgré la pusillanimité qui ne te quittait pas vraiment. 


    Malgré le fait que tu étais pieds et poings liés, formatée, chaperonnée. 

    Tu as entrevu un monde où vivent les rebelles et les sauvages,

    Des guerriers cherchant éperdument l'absolu et la liberté, 

    La violence et la folie, la vie et l'amour, la passion et le voyage. 


    Tout cela est d'une beauté étrange, violente et sacrée. 

    Mais toi, ce qu'il te faut, c'est du médiocre, de l'à-peu-près, 

    Du prêt-à-penser stérilisé, mis en boîte ou en sachet. 

    Vendu comme ultime rêve dans les supermarchés 


    Tu recherche l'improbable, l'inattendu, l'imprévisible, l'héroïque, 

    Ce qui est au fond de ton âme, ces pulsions archaïques, 

    Ce désir venu du fond des âges, cette tempête qui arrache les coeurs, 

    Mais la fée de la bienséance a choisi de te faire peur. 


    Tu as finalement embarqué sur le bateau de la raison, 

    Celui qui devait te ramener au pays des tièdes et des bien-mis. 

    Il a erré des siècles sur les eaux troubles de la dénégation. 

    Un jour, il a échoué au pied d'un château hanté par d'étranges esprits. 


    Ils t'attendaient et te cherchaient depuis une éternité 

    Tu avais fui ce voyage auquel tu avais aspiré 

    Et ils t'ont présenté celui que tu croyais avoir renié, 

    Celui que tu croyais parti vers un monde oublié. 


    Il était là de nouveau et tout semblait possible : 

    Une course éperdue vers un royaume inaccessible, 

    la recherche désespérée d'un trésor bien caché, 

    Mais le temps a fait son oeuvre car des siècles ont passé. 


    Il est trop tard pour lui, il est trop tard pour toi, 

    Le temps de l'innocence file entre vos doigts, 

    Lui et toi errez à jamais dans un labyrinthe insensé, 

    où les fils tissés par Ariane ont tous été coupés.



    Esclarmonde, mars 2011


     




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    La roue du temps

     



    Comment se fait-il doux ami que je ne t'oublie pas ?

    Comme est-ce possible, cela fait si longtemps déjà ?

    La roue du temps tourne et tu ne disparais pas.

    "Esclarmonde est malade, disent tous les Diafoirus,

    Un grand coup sur la tête et on n'en parle plus"

     

    Ou on clame que je te connais d'une vie oubliée

    Où pauvres et en guenilles, nous étions très liés

    Dans une contrée perdue, violentée et martyrisée

    Où alors me dit-on beaucoup plus simplement,

    Toi et moi voguions en paix dans le pur firmament

     

    Cette rencontre fortuite m'assomme de violence

    Pourtant un pur hasard fruit de belles vacances

    Mon esprit est repu par une tortueuse errance

    Celle qui me dicte de rester sagement cachée

    Ou alors me conseille de courir te trouver

     

    Vieillir sans oublier me parait accablant

    Impossible d'évacuer ce houleux sentiment

    Agrippé à mes neurones il défie bien le temps

    Noël qui s'approche me parait dérisoire

    Et l'année qui s'annonce me parait un trou noir

     

    Devant ces calendriers qui défilent en vain

    J'ai décidé qu'un jour j'irai sur les chemins

    Trouver tout la haut la magie du matin

    Où j'ai réalisé que tu n"étais pas un rêve

    Et partir à la quête d'un bonheur sans trêve


    Esclarmonde, le 20/12/2011

     
     
     

     


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  • Pour le 64e salon d'écriture du Forum des Mots, Andrée nous propose de composer un abécédaire..... Et en fait, j'en ai composé deux !


    Abbé Cède Air (64e salon d'écriture)

     

    Abominable araignée assaille ainsi mon âme

    Un bateau balance entre Brest et Brazzavlle

    Chavire le chalutier et coule la chaloupe

    Destin dévasté et desseins destructeurs

    Evacuent l'émerveillement, exutoire enivrant

    Fier funambule fabule, fragilise, facile féérie

    Gemme glacé, graminée gonflée de grâce

    Hurle une hache hallucinée, hémophilie horrifiée 

    Illusoire illumination irise mon irrationalité

    Joyaux jolis et joyeux, jerrican de jus de jojoba

    Kapok et képi de korrigans, kenyans et keffiehs,

    Longtemps logés dans le logis de la Lune limitée

    Me mène, me morigène et me malmène malgré moi

    Native nécrose de nos nausées nullement nettoyées

    On obère une odalisque obnubilée par un obsédant objet

    Particules particulières de ma pensée péremptoire

    Qui Quantifie quelques questions qu'un quidam qualifie

    Renaissance renaturée, ramifiée par un rideau de réalité

    Sylvestre solitude solidifiée par une sémantique stylisée

    Toi le théologien tant téléguidée par la triste temporalité

    ultime ukulele unifié en un unitaire ulema usiné

    Va vite un vendredi voler la voilure de ma vacuité

    Xanthophile xénophobe, xylophone xérophile

    Yeux de yeuses, yourtes et youyous sur Youtube

    Zèle zoophile, zébus zozotant et zestes de zapping.

     

    L'abbé cède air.....

     

     

    Et le deuxième texte, plus lumineux.....

     

     

    A comme amour

    B comme beauté

    C comme câlins

    D comme délice

    E comme effervescence

    F comme féérie

    G comme gratuité

    H comme humanité

    I  comme illuminé

    J comme joie

    K comme kaléidoscope

    L comme lumière

    M comme merveilles

    N comme nouveauté

    O comme opiacée

    P comme parfum

    Q comme quantité

    R comme renaître

    S comme sérénité

    T comme tranquillité

    U comme universalité

    V comme versifier

    X comme xénon

    Y comme yeux

    Z  comme zénith

     

    Abécédaire de Beauté Commandé par un Désir d'Exprimer ma Folie, ma Grande Hâte, mon Irréelle Joie, à toi, mon Kaléidoscope de Lumière, ma Merveille de la Nuit Offerte et ma Pure Quantité de Radieuse Sensation de Toute Universalité Versifiée et tes Yeux Xénophiles qui me rendent Zinzin !

    Abbé Cède Air (64e salon d'écriture)





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  • Destins liés

     

     

    Vieux

    Vieux mariés

    Toujours amoureux

    Enfants très loin d'eux

    Tendresse réparatrice

    Jamais séparés

    Destin liés

    Exilés

     

    Amour

    Geste d'amour

    Repos bien apprécié

    Puis Viendra le labeur

    Pour des tristes nantis

    Montrés du doigt

    Pays mal noté

    Oubliés


    Esclarmonde le 11/12/2011



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